• Chapitre 4 :

    Riley

    « Andrew ? Andrew ? »

    Je tombai à genoux, face au terrain vide. Je n’arrivais pas à en croire mes yeux. Hier à peine, se tenait une énorme maison, aussi grande que la mienne, ainsi que son jardin, son potager et sa cabane à outil… Tout avait disparu, il ne restait que des mauvaises herbes qui poussaient n’importe comment de tous les côtés. Des mauvaises herbes, et ce panneau.

    Terrain vide

    A vendre depuis le 10/06/2003

    J’essayai lentement de me relever, en prenant appui sur le sol. Les jambes flageolantes, je retournai chez moi. Je me dirigeai tout de suite vers le salon où j’avais laissé ma mère en sortant.

    * Maman… ?

    Ma voix tremblait et je me tus aussitôt. Je me raclai la gorge pour essayer de me reprendre.

    * Où sont passés les voisins ?

    * Les voisins ?

    * Oui, tu sais, le jeune homme et sa… sœur ?

    Ma mère releva la tête de son ouvrage et mit ses lunettes sur la tête pour pouvoir m’observer. Cela faisait des années qu’elle avait décidé de travailler à la maison. C’était une couturière hors pair qui n’avait des clients seulement grâce au bouche à oreille.

    Ma mère fronça les sourcils, je devais avoir un air totalement bouleversé.

    * Qu’est-ce que tu racontes ? fit-elle doucement, comme si elle ne voulait pas me brusquer.

    Quand ça me frappa. Elle n’avait aucune idée de qui je pouvais bien parler. C’était nos voisins, mais elle ne se souvenait pas d’eux.

    Je fis un pas vers le canapé pour pouvoir me tenir à quelque chose et ne pas m’effondrer. Je me raclai encore une fois la gorge.

    * J’ai vu des gens visiter le terrain en face. Un garçon et sa sœur. Je pensais que tu les avais peut être aperçus.

    Je ne savais pas mentir. Et à la façon dont ma mère me regarder, je voyais bien qu’elle ne me croyait pas. Cependant, elle ne dit rien. Peut-être parce que si elle faisait une remarque, cela signifiait que je n’allais pas bien. Que je devenais complètement malade.

    Parce que c’était de ça qu’on parlait. J’avais imaginé une maison. Un garçon qui se faisait maltraiter par sa grande sœur. Que je pouvais discuter avec lui par télépathie.

    Et puis, l’Ombrée.

    Pourtant, tout avait tellement de détails et Andrew, même une fois métamorphosé avec ses ailes noires semblait si réel.

    Je montai précipitamment dans ma chambre. Je crois que ma mère a essayé de m’arrêter en m’appelant, mais c’est à peine si je m’en apercevais.

    Je me jetai sur mon lit et lançai un dernière appelle mentale à Andrew. A ce garçon imaginaire. Je ne pus m’empêcher de pense que ce serait en vain.

    Andrew

    « Andrew ! Andrew ! »

    Je me figeai entendant une voix crier mon prénom. Je regardai au dehors, mais non, c’était bien dans ma tête que ça avait résonné.

    * Qu’est-ce qu’il y a ? s’exclama Elena, ‘‘ma sœur’’. C’est cette fille ? Elle te parle encore ?

    * Non ! Non ! Ce n’est pas elle ! répliquai-je aussitôt. Comment ça pourrait être possible vu que tu lui as fait je ne sais quoi dans le cerveau pour que justement, ça devienne impossible ?

    Elle me jeta un regard septique avant de tourner ses yeux sur la route. On était parti ce matin même. Bien sûr, Elena m’avait forcé, parce que moi, je voulais rester.

    Je ne sais pas comment elle a fait, mais elle était au courant pour Riley et son passage dans l’Ombrée. Elle savait que je l’avais emmenée avec moi et qu’un lien s’était créé entre nous.

    Et elle avait réussi à briser cela.

    Encore une fois, je ne sais pas vraiment comment parce que je n’ai pas les mêmes capacités qu’elle. Elena peut manipuler l’esprit des gens pour leur faire croire et voir certaines choses. C’était ce qu’elle avait avec Riley et sa famille. C’est ce qu’elle avait fait avec toutes les personnes de la ville qui auraient été susceptibles de nous apercevoir.

    Elena leur avait fait oublier notre existence et fait disparaître notre maison.

    Cependant, elle avait une autre emprise sur moi : elle pouvait me faire faire tout ce qu’elle voulait. Ainsi, je m’étais retrouvé à remplir la voiture de tous nos cartons contre mon grès.

    On avait quitté la ville et personne ne s’en apercevrait.

    Personnellement, ça ne m’aurait pas gêné si elle avait fait sa crise quelques jours plutôt. Sauf que depuis j’avais rencontré Riley. En fait, c’était bête de penser ça parce que je savais très bien que c’était à cause d’elle qu’Elena avait voulu partir.

    Parce que Riley connaissait mon secret. Car elle avait découvert l’Ombrée.

    C’est simple : Elena avait pris peur. Et je lui en voulais.

    Elle pouvait peut être me faire faire n’importe quoi, je pouvais toujours me plaindre. Et alors qu’elle démarrait la voiture, j’avais commencé à m’énerver contre elle.

    J’étais encore en train de parler lorsque j’avais entendu Riley crier mon prénom, me coupant dans ma phrase.

    Mais pourtant, c’était impossible. Elena avait tout fait pour que ça ne se reproduise plus.

    J’entendais des voix, c’était la seule explication. En quelques heures, je m’étais tellement habitué à l’avoir dans ma tête que je m’imaginais qu’elle m’appelait encore. Je devenais fou.

    * C’est bon ? Tu n’as plus rien à dire ? reprit Elena.

    J’étais tellement secoué par ce qu’il venait d’arriver que j’en avais perdu toute ma colère. Cependant, j’avais une fierté et je ne voulais pas abandonner aussi facilement.

    C’est Riley qui me sauva.

    « Andrew ? Andrew, s’il-te-plait, réponds-moi. »

    Après ce deuxième appelle, je n’avais plus de doute.

    * Si, répondis-je à Elena, je veux aller aux toilettes.

    * Tu te moques de moi, là ?

    * Nan, c’est sérieux. Arrêtes-toi dans une station-service, faut que j’aille aux toilettes.

    * Tu peux pas faire ça sur le bas-côté ?

    * Avec toi pour me regarder ?

    * Qu’est-ce que tu crois que je vais te faire ? Je suis ta ‘‘sœur’’ tout de même !

    Elle avait ponctué cette dernière phrase d’un sourire qui me fit froid dans le dos.

    * Je veux aller aux toilettes dans une station-service, répète-je.

    Elle soupira :

    * Mais c’est juste pour que t’arrêtes de me faire chier.

    Je me tournai vers ma fenêtre pour pouvoir sourire sans qu’elle ne me voit. On roula un long moment en silence avant de trouver une station-service. La route avait été plutôt déserte tout ce temps-là.

    * Je te laisse y aller, déclara Elena une fois qu’on fut devant, mais fais vite.

    Elle ne me faisait pas confiance. C’est juste qu’elle pouvait m’obliger à revenir.

    Je me dépêchai de sortir de la voiture avant qu’elle ne change d’avis. Le gars qui tenait la station m’indiqua tout de suite la bonne porte et je m’enfermai à l’intérieur. Puis je baissai le battant de la cuvette et m’assis dessus.

    Je me préparai alors à parler à Riley. Je ne voulais pas le faire devant Elena car elle aurait tout de suite comprit que le lien n’avait pas été rompu.

    « Riley ? Tu m’entends ? Réponds-moi.

    « Oh mon Dieu ! Andrew ! Alors tu n’es pas un rêve ! »

    J’eu un rire charmeur qu’elle ne put entendre.

    « Eh non ! J’existe belle et bien !

    « Andrew, tu ne vas jamais croire ce qui m’est arrivé ! »

    Elle ne me laissa pas le temps de lancer quelques suppositions.

    « T’as maison a disparu et mes parents ont oublié jusqu’à ton existence ! J’ai cru que je devenais folle.

    « Moi aussi. »

    J’ai cru que je ne pourrais plus jamais te revoir ce qui m’a déchiré le cœur et puis j’ai cru devenir fou en entendant ta voix de partout.

    Je me demandai si on pouvait percevoir les sentiments de l’autre à travers une discussion télépathique. Je me souvenais alors que je saisissais très bien la panique et le soulagement dans les propos de Riley tandis que je reprenais contacte avec elle. Cette dernière arrêta le cours de mes pensées en me demandant :

    « Andrew, ou es-tu ?

    « Ma… sœur et moi avons quitté la ville.

    « Pour aller où ?

    « Je ne sais pas encore. »

    Quelqu’un tapa alors sur la porte des WC en me faisant sursauter : j’étais trop pris dans la conversation mentale.

    * Andrew ? C’est Elena. Qu’est-ce que tu fais ? Je t’avais dit de faire vite !

    * Je sors.

    « Désolé Riley, il faut que j’y aille. Je ne peux pas te parler devant ma sœur, elle se rendra compte que notre connexion est toujours présente. »

    En même temps que j’expliquais tout cela à Riley, j’avais lentement relevé le battant pour ne pas faire de bruit et tirer la chasse d’eau.

    « D’accord, Andrew. »

    Je déverrouillai loquet et mis une main sur la poignée.

    « Et Andrew ?

    « Mm ?

    « Promets-moi d’être prudent. »

    J’ouvris la porte en découvrant Elena sur le seuil. Elle avait les poings posés sur ses hanches et affichait un air sévère.

    Je déglutis.

    « Bip. »

    Félicitation pour ce chapitre ! L'histoire avance bien ! Le prochain chapitre sera pour Estello !  Bonne chance.

    Je tiens à présenter mes plus plates condoléances aux familles des victimes des récents attentats de Paris !  Nous resterons debout sans jamais avoir peur ! 


  • Commentaires

    1
    Lundi 16 Novembre 2015 à 20:15

    Première fois que je me manifeste depuis le lancement de l'histoire, mais le début promet :P J'ai quelques idées pour la suite (ça tombe bien, c'est mon tour) et j'espère que ça vous plaira ! :) 

    2
    Mercredi 18 Novembre 2015 à 13:08

    Fais toi plaisir et n'oublie pas de me prévenir quand tu auras fini

      • Mardi 1er Décembre 2015 à 00:02

        Je t'ai envoyé un mail avec le chapitre en PJ ! :) 

    3
    Mardi 15 Décembre 2015 à 18:10

    Yeahhh, le chapiiiiitre *court* punaise, ça faisait longtemps. *court toujours*

    Voyons voir la suite maintenant, plus ça passe, plus ça promet! :D /on est des génies *se prend un mur*/

      • Mercredi 16 Décembre 2015 à 09:40

        Chiki, je crois que t'as rarement fait un commentaire aussi peu constructif... 

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